Logo Kanton Bern / Canton de BerneCulture
08 mars 2022
Aperçu des communiqués

Communiqué de la Direction de l’instruction publique et de la culture
:
Des pillards détruisent un site funéraire celte à Chules

Un énorme trou a été creusé dans le tumulus recouvrant un site funéraire préhistorique sur le Jolimont. Cela a détruit une partie d’un important bien culturel. Les sites archéologiques revêtent un intérêt public et sont protégés par la loi.

Des pillards ont causé de graves déprédations en cherchant des artefacts sur le site archéologique bien connu du Jolimont, un monument funéraire celte situé dans la forêt de la commune de Chules (Gals). La cavité de 2 mètres de profondeur et 1,5 mètre de largeur pratiquée par les pillards a été découverte par hasard et signalée au Service archéologique du canton de Berne (SAB) en décembre 2021. Le SAB a documenté la destruction et obturé l’ouverture.

Les chasseurs de trésor détruisent des biens culturels

Les pillards ont probablement pensé qu’il y avait une tombe richement dotée sous le tumulus et ils ont essayé de repérer des artefacts avec un détecteur de métaux. Ils n’ont vraisemblablement rien trouvé car le tumulus avait déjà fait l’objet d’une fouille partielle en 1847. Ils ont néanmoins causé des dommages importants. Bien que la recherche non autorisée d’objets archéologiques avec des moyens techniques soit une infraction, ces appareils sont en vente dans le commerce sans avertissement à ce sujet.

Les trouvailles archéologiques sont des sources historiques importantes et constituent un bien public. Le Service archéologique s’efforce de les préserver pour les générations futures. Les objets métalliques prélevés dans le sol doivent immédiatement faire l’objet de mesures de conservation adéquates, sinon ils se détruisent rapidement. Et les biens culturels qui se retrouvent sur le marché noir sont perdus pour le public. Des monnaies « fraîchement déterrées » en Suisse ou dans d’autres pays apparaissent d’ailleurs régulièrement sur des plateformes de vente sur Internet.

Nous devons nos connaissances sur la préhistoire humaine aux fouilles réalisées scientifiquement, en documentant soigneusement les strates et les trouvailles par des mesures, des dessins et des photographies. Toutes ces données fournissent des informations, en l’espèce sur le mode de construction de la tombe ou sur les coutumes funéraires. Ainsi, nous savons aujourd’hui que le site du Jolimont comprend trois tombes au total, datant probablement de l’Âge du Bronze et de l’Âge du Fer (1500 à 500 av-JC env.).

La vigilance du public contribue à la protection

Le pillage du Jolimont n’est malheureusement pas un cas isolé. Il y a quelques années, une tombe a été détruite près de Münchenbuchsee et beaucoup de sites castraux subissent des déprédations. Le pillage et l’inattention sont les causes les plus fréquentes des dommages infligés aux sites archéologiques.

Souvent, comme dans le cas du Jolimont, ce sont des personnes privées qui constatent les déprédations et qui, fort heureusement, les signalent parce que l’histoire de leur région leur tient à cœur. Même s’ils sont peu visibles, les sites archéologiques font partie de notre paysage culturel et, à ce titre, ils revêtent un intérêt public, raison pour laquelle ils sont protégés par la loi. Pour assumer sa mission de protection, le SAB a besoin de ces signalements précieux. 

Partager